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JUSTINE METTRAUX REVIENT SUR SA TRANSAT - ©

JUSTINE METTRAUX REVIENT SUR SA TRANSAT

Le 7 décembre 2013
Justine Mettraux, qui a terminé hier deuxième de la Mini Transat sur TeamWork, revient sur les moments clés de sa course.

Après avoir pris un repos bien mérité et passé du temps avec ses proches, Justine Mettraux fait un point détaillé du déroulement de sa Mini Transat.

Une attente pénible
«Nous sommes partis dans des conditions difficiles, avec des jours d’attente et d’incertitude à Douarnenez, pour ensuite annuler l’étape. Nous nous sommes retrouvés dans la même situation à Gijon, a espérer des bonnes conditions pour convoyer vers Sada. Le convoyage a été pénible et les bateaux ont souffert avant même de commencer la Transat. A Sada, le départ a encore été repoussé, et il y a eu des doutes jusqu’au dernier moment. Tous ces éléments n’étaient pas simples à gérer et ont contribué à nous mettre dans un état d’esprit différent de ce qu’on pouvait espérer au début.»

Premiers jours musclés
«Le vent était fort juste après la sortie de la baie de la Corogne, il est monté jusqu’à 40 nœuds. Mais nous savions ce qui nous attendait, et j’étais préparée à ça. J’ai par ailleurs vécu ça lors de la course les Sables – Les Açores -Les Sables l’an dernier. Nous avons trouvé une mer démontée et croisée, et du vent soutenu pendant quatre jours. Je suis parti sous toilée, soit avec le code 5 et deux ris. Au début, ceux qui ont porté plus de toile que moi sont partis devant. Mais le soir, j’étais de nouveau avec eux. Je m’étais préservée, n’avais fait aucune sortie de piste, et mon bateau n’a pas souffert. J’ai clairement fait le bon choix.»

Passage des Canaries
«C’était un passage stratégique, et je ne l’ai pas franchi comme j’aurais dû. Nous avions deux routages réalisés par deux personnes différentes. Un qui passait au nord, et l’autre au sud. J’ai manqué de lucidité, avec la fatigue, et n’ai pas pris les bonnes décisions. Aymeric Belloir, qui est passé entre Gran Canaria et Ténérife, a commencé à s’échapper à ce moment et du coup, il a creusé l’écart par l’avant, bénéficiant toujours de meilleures conditions.»

La traversée
«Je n’avais plus de réception radio, donc aucune information météo ni classement. C’était très dur. Je suis passé par tous les stades, et ai parfois déprimé, pensant être complètement larguée. Autrement, il ne s’est pas passé grand-chose, j’ai simplement navigué du mieux que j’ai pu. Le temps est parfois long, et je pense qu’avoir quelques distractions, comme des livres audio peut être une bonne solution sur un parcours comme celui-ci.»

Le requin
«Le premier jour, j’ai tapé quelque chose dans la quille. J’ai senti que c’était un choc assez mou, mais le bateau n’a pas redémarré normalement. J’ai été voir ce qui se passait par le hublot du fond du bateau, et ai vu un petit requin pris dans celle-ci. J’ai dû faire une marche arrière pour le dégager.»

L’arrivée
«Il y a eu pas mal d’émotion, surtout quand j’ai appris que j’étais deuxième. J’ai tellement douté pendant deux semaines, que c’est forcément assez fort.»

Bilan
«La question de la réception radio a été mon problème majeur, car je n’ai pas eu d’avarie, et mon bateau était très bien préparé. C’est un point à soigner, même s’il est difficile à anticiper, car on est jamais assez au large pour savoir si la radio marche tout le temps. Pour le reste, le Mini est un bateau génial, et je pourrais repartir, même si pour l’instant j’ai d’autres projets.»

Le point de vue du Sponsor
Philippe Rey-Gorrez, le président de TeamWork, présent à Pointe à Pitre pour l’arrivée des deux skippers qu’il soutient, tire pour sa part un excellent bilan de cette Mini Transat. «Justine et Bertrand nous ont beaucoup apporté. Ils sont parfaitement dans l’esprit TeamWork et ont chacun fait une course remarquable. Ils nous ont permis de vivre beaucoup d’émotions. Le fait que Justine remporte le Championnat de France de Course au Large des Mini est aussi un superbe résultat, ça démontre la régularité du projet.» Très engagé dans la voile, Philippe Rey-Gorrez compte bien poursuivre dans cette voie et a finalement déclaré : «Nous allons viser un bateau TeamWork pour le Vendée Globe 2020. C’est un objectif de long terme, mais qui nous laisse le temps de mettre en place les projets qu’il faut pour y parvenir. Nous devrons probablement envisager un co-partenariat, car c’est évidemment un projet d’envergure.»

 

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